Inspirez-vous de l’architecture traditionnelle pour affronter la canicule

Alors que la France connaît depuis plusieurs jours une canicule particulièrement intense, certaines régions du monde sont habituées depuis longtemps à une telle chaleur. Cela ne les empêche pas d’être également exposés à la hausse des températures : que ce soit dans la péninsule arabique, en Iran ou en Irak, elles pourraient atteindre des niveaux insoutenables dans les années à venir.

Certains endroits, comme Al Ain, aux Emirats Arabes Unis, ou le Koweït, connaissent déjà des températures supérieures à 50°C. Et selon une étude publiée en 2016, les effets du changement climatique et l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre pourraient pousser la température moyenne à environ 55 voire 60 degrés.

Aujourd’hui, de nombreux habitants du Golfe trouvent refuge dans des maisons climatisées, des centres commerciaux ou des voitures. Mais à mesure que les températures augmentent, le besoin de rafraîchir les espaces de vie de manière moins coûteuse, plus durable et moins énergivore augmente également. Heureusement, l’histoire de la région offre une riche source d’inspiration architecturale pour lutter contre la canicule.

une histoire de chaleur

Historiquement, la population du Golfe était composée de paysans vivant à proximité des oasis dans des villages agricoles, de Bédouins campant dans leurs tentes au milieu du désert, ou d’habitants des villes. Compte tenu de la tendance mondiale à l’urbanisation, examinons de plus près comment ce dernier groupe a fait face à la chaleur.

Les bâtiments traditionnels des villes et villages du Golfe sont conçus pour maximiser l’ombre, réduire le gain de chaleur dû au rayonnement solaire, réguler la température des bâtiments et faciliter la circulation de l’air. Ces effets sont causés par une combinaison intelligente de matériaux de construction, d’emplacement et de conception.

Des éléments naturels comme le calcaire et le limon, parfois mélangés à des plantes désertiques locales, fournissent un matériau de construction capable de réguler la température des bâtiments. Le matériau lui-même absorbe l’humidité dans des conditions humides, qui peuvent ensuite s’évaporer les jours chauds et ensoleillés pour fournir un léger effet de refroidissement. La texture granuleuse et la couleur des bâtiments réduisent davantage l’absorption et l’émission de la chaleur rayonnante.

Les constructions traditionnelles sont placées à proximité les unes des autres, séparées par des rues étroites. Cela signifie que le rapport entre la surface exposée au soleil et le volume total du bâtiment est minimisé, limitant les pics de chaleur pendant la journée.

De nombreuses structures traditionnelles comprennent également une cour intérieure, où l’on trouve souvent des arbres et un trou d’eau. Ce patio est entouré de toutes parts par des pièces ou des murs, pour maximiser la zone ombragée le jour et créer un espace agréable la nuit. Lorsque le soleil tape en plein jour, le patio intérieur fonctionne comme une cheminée, aspirant l’air chaud et le remplaçant par l’air plus frais des pièces voisines, favorisant la circulation de l’air et créant un effet de refroidissement.

Le verre n’est pas un matériau courant dans ces bâtiments traditionnels. Une pièce a généralement deux fenêtres extérieures : une très petite, située en haut du mur et maintenue ouverte pour permettre la circulation de l’air et la lumière naturelle. Une seconde, plus large, et fermée par des volets en bois, avec des fentes pour laisser entrer un courant d’air dans la pièce, préservant l’intimité. Certaines chambres ont également des fenêtres donnant sur la cour intérieure pour un meilleur refroidissement. Enfin, le moucharabieh, fenêtre à croisillons en bois sculpté, généralement située aux étages supérieurs d’un bâtiment, permet une meilleure circulation de l’air et une meilleure vue.

Certains bâtiments ont une tour à vent, qui crée une ventilation naturelle en faisant circuler de l’air frais. Les allées étroites permettaient de les recouvrir dans la plupart des cas avec des matériaux légers en palmier dattier pour éviter les rayons directs du soleil. Cela a permis une meilleure circulation de l’air entre les rues et les cours des immeubles, à travers les pièces.

Toutes ces caractéristiques gardent les bâtiments traditionnels au frais. Mais une question demeure : comment appliquer ces méthodes aux villes d’aujourd’hui?

Des immeubles modernes… et chaleureux

Les bâtiments actuels dans le Golfe sont construits principalement en verre réfléchissant, en béton et en asphalte, ce qui entraîne une hausse des températures diurnes en raison d’une réflexion élevée, d’une absorption élevée et d’une émission élevée de chaleur rayonnée.

Grâce à la recherche et aux avancées dans le domaine des matériaux de construction et de pavage, du design, de l’urbanisme, de l’isolation et de l’utilisation des énergies renouvelables, les villes du Golfe ont pu maintenir un cadre de vie confortable, émettant moins de gaz à effet de serre. carbone et en utilisant moins de combustibles fossiles.

La ville de Masdar aux Émirats arabes unis a tenté de combiner certaines traditions architecturales avec les technologies modernes en multipliant les zones ombragées, en créant des rues étroites et en construisant une tour à vent.

L’utilisation d’isolants pourrait également réduire le besoin de climatisation et la consommation d’électricité. Jusque-là, les matériaux nouveaux ou naturels, qui absorbent les moisissures et augmentent la capacité thermique (c’est-à-dire la propension du matériau à maintenir des températures plus basses à des températures plus élevées), pourraient réguler le gain de chaleur et faciliter le processus de refroidissement naturel.

J’ai développé une nouvelle technologie (brevetée) pour réguler la température des bâtiments dans des conditions de chaleur extrême, en utilisant un puits de chaleur dans le sol. Il permettra au sol d’échanger de la chaleur avec l’enveloppe du bâtiment, réduisant ainsi son gain de chaleur lors des journées chaudes.

Ces dernières années, les pays du Golfe ont commencé à prêter attention aux énergies renouvelables et aux mesures durables. La recherche et le développement doivent continuer à progresser dans ce domaine si nous voulons que les populations puissent vivre confortablement dans les conditions climatiques attendues, tout en réduisant leur dépendance à la consommation d’énergies fossiles et leurs émissions de CO2.

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